Une histoire et un terroir d’exception

Entre haies et prairies, mares et bocages, la Bresse offre un décor unique : une nature généreuse où les volailles vivent en liberté.

C’est ici que naît la Volaille de Bresse, joyau de la gastronomie française.

L’épopée de la Volaille de Bresse : Plus de 2 000 ans d'Excellencee

L’histoire de la Volaille de Bresse ne s’écrit pas seulement dans les livres de cuisine, mais dans les archives d’un territoire qui a su transformer un élevage fermier en un symbole mondial de la gastronomie française.

Une origine antique : le brassage des races

Tout commence il y a plus de deux millénaires. Dès l’époque romaine, vers 400 avant J.-C., les flux de populations et les invasions apportent avec eux des cheptels de volailles étrangères. Dans le bocage bressan, ces oiseaux s’unissent aux souches locales. C’est de ce métissage naturel que naissent les trois variétés historiques : la Noire de Louhans, la Grise de Bourg-en-Bresse et la Blanche de Bény. C’est cette dernière, la Blanche, qui deviendra l’emblème de la race « Gauloise » que nous connaissons aujourd’hui.

1825 : La consécration de Brillat-Savarin

Le XIXe siècle marque l’apogée gastronomique. En 1825, le célèbre gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin, dans son ouvrage fondateur La Physiologie du Goût, installe définitivement la Volaille de Bresse sur le trône de la cuisine française. Il lui donne ce titre glorieux qui ne la quittera plus :

« La Reine des volailles, la volaille des rois. »

1591 : Le premier titre de noblesse

Si la volaille est consommée depuis toujours, c’est au XVIe siècle qu’elle gagne ses galons diplomatiques. En 1591, les registres de la ville de Bourg-en-Bresse mentionnent que les habitants offrent deux douzaines de « volailles grasses » au Marquis de Treffort. Ce présent visait à remercier le noble d’avoir chassé les troupes savoyardes. Dès lors, la Volaille de Bresse n’est plus un simple aliment de subsistance : elle devient une offrande raffinée, un cadeau que l’on réserve aux protecteurs et aux puissants.

La légende de la « Poule au Pot »

Le destin de la Bresse croise celui du bon roi Henri IV. La légende raconte que lors d’un séjour dans la région, le souverain, séduit par la saveur incomparable de la volaille servie à sa table, aurait formulé son célèbre vœu : que chaque paysan de son royaume puisse mettre « la poule au pot » le dimanche. Bien que les historiens débattent encore de la véracité exacte de cet épisode, il symbolise l’entrée de la volaille bressane dans l’imaginaire collectif national.

Un héritage vivant

Aujourd’hui, l’appellation est devenue AOP (Appellation d’Origine Protégée) à l’échelle européenne. En dégustant une Volaille de Bresse, vous ne savourez pas seulement un produit d’exception : vous perpétuez un héritage millénaire, soutenu par des générations d’éleveurs passionnés qui ont fait de la rigueur une vertu et du goût une exigence.

L'essor des « Glorieuses » et du Chemin de Fer

À partir de 1862, la création des concours de volailles grasses — les célèbres Glorieuses de Bresse — permet aux éleveurs de rivaliser de perfection. Parallèlement, le développement du chemin de fer révolutionne la filière. Grâce à la rapidité du transport, la Volaille de Bresse s’invite désormais sur les tables des capitales européennes, de Paris à Londres, en passant par Saint-Pétersbourg.